Le 7 septembre, la CGT était reçue en urgence au ministère de l’Education Nationale concernant les menaces de mutations forcées au lycée Utrillo de Stains. Preuve en est que le ministère n’ignore pas les atteintes graves à la la lutte contre les violences sexistes et sexuelles que constituerait une telle sanction envers les deux enseignantes syndicalistes à la CGT et lanceuses d’alerte.
De l’aveu-même du cabinet du ministre, les enseignantes ont dû « se débrouiller » depuis de trop nombreuses années face au besoin de témoigner d’un grand nombre d’élèves du lycée. Ils annoncent n’avoir « rien à reprocher à leur démarche », qui n’a consisté qu’à accueillir en toute confiance la parole des élèves et à la relayer à leurs chefs de service successifs, en protection de leurs élèves tout en respectant systématiquement le cadre réglementaire. Aujourd’hui, le ministère se retrouve donc bien mal à l’aise pour défendre les agissements du Rectorat.
Au cours de l’audience, la CGT a dénoncé auprès du cabinet, l’enquête administrative lancée au printemps dernier dans l’établissement : son caractère à charge contre les lanceuses d’alerte, menaçant envers les syndicalistes, et totalement sourd aux témoignages sur les violences. Cette enquête est le point de départ des sanctions actuelles. Nous avons rappelé que des élèves et ancien·nes élèves ainsi que les parents d’élèves qui faisaient la queue devant les salles d’audition de l’enquête administrative ont été éconduits.
L’enquête a pourtant été présentée par le rectorat au ministère comme pensée pour « prendre de la hauteur sur les signalements de violence », pour « redonner du cadre », pour « repenser le pilotage de la lutte contre les VSS »… Cela ne correspond pas à la réalité d’une enquête qui, de façon très officielle (dans son intitulé, dans sa présentation aux organisations syndicales en instance) avait pour objectif de traiter les « tensions et la judiciarisation des relations » entre personnels. La question des VSS a été totalement évacuée par les enquêteurs et le rectorat. La CGT s’étonne qu’elle revienne donc par la fenêtre au moment même où le ministère se rend compte que le Rectorat fait l’extrême inverse des supposées priorités ministérielles.
Pour la CGT, il est temps d’en finir avec cette répression syndicale et ces procédure baillons contre des lanceuses d’alerte qui contribuent à jeter l’opprobre sur les victimes et sur les professionnel·les à qui elles se confient.
Abandon des menaces de mutation forcée, mise en œuvre d’un protocole clair et sécurisant de recueil de la parole des élèves, des ancien·nes élèves et des parents et ancien·nes parents d’élèves, mise en œuvre des sanctions contre des personnels qui ne peuvent pas être face à des élèves.
C’est l’affaire de tou-tes, et c’est pourquoi la CGT et l’intersyndicale CGT-FSU-SUD-CNT 93 appellent à se mettre en grève jeudi 17 septembre et à rejoindre le rassemblement à 11h00 devant le rectorat de Créteil