Le gouvernement reprend le « Plan d’urgence » ! Après les paroles , les actes ? Toutes et tous en grève le 13 octobre !
Communiqué de l’intersyndicale 93 CGT CNT FSU SUD
Après la réussite des mobilisations du 29 septembre et du 6 octobre, le 8 octobre a marqué une nouvelle étape dans la lutte de nos élèves et des personnels pour un choc des moyens dans l’éducation nationale.
Au cœur de cette journée de mobilisation protéiforme, devant les établissements, place de la Bastiille et devant les préfectures, le gouvernement a cru bon de reprendre la sémantique de l’intersyndicale 93 en parlant de la mise en place d’un « plan d’urgence ». Cette annonce n’est malheureusement qu’une coquille vide, après 10 jours d’une mobilisation exceptionnelle par son intensité et son périmètre : élèves, parents, personnels , élu.es uni.es pour le service public d’éducation.
Dans notre département, nos exigences sont connues depuis bientôt 3 ans : nous portons haut et fort, dans la rue et plusieurs fois en audience à Matignon et Rue de Grenelle, l’impérieuse nécessité d’un plan de rattrapage pour le 93, département le plus pauvre de la France hexagonale, territoire de relégation sociale et scolaire abandonné par l’état. Nos syndicats de lutte et de transformation sociale ont également pris position sans aucune ambiguïté depuis longtemps contre l’extrême droite sous toutes ses formes. Nos élèves, dont les revendications sont en grande partie les nôtres, ne s’y trompent pas et le scandent à longueur de manifestation également : nous nous battrons de toutes nos forces contre l’arrivée au pouvoir de l’extrême droite et de ses idées racistes, sexistes et xénophobes.
L’intersyndicale 93, reçue durant 2h jeudi par la sous-préfète du 93, a rappelé avec une grande fermeté notre opposition sans faille aux techniques brutales, violentes et mutilantes des forces de police et aux nombre révoltant de garde-a-vues dans notre département et partout ailleurs. C’est avec une grande solennité que nous avons exigé un changement radical de doctrine en terme de maintien de l’ordre, en particulier sur nos élèves mineurs. Nous refusons toute criminalisation du mouvement lycéen comme toute intimidation ou sanction à l’encontre des élèves mobilisé·es.
Bien loin de la caricature et de la manipulation, la mobilisation lycéenne est celle d’une jeunesse qui se révolte devant le constat du saccage de l’école publique : classes surchargées, manque de personnels enseignants, RASED, AESH, éducatifs et psy-médico-sociaux, locaux dégradés, conditions d’étude et de travail indignes.
Cette mobilisation qui a tout désormais d’un mouvement historique doit encore prendre de l’ampleur pour gagner. Les ressources de mobilisation sont encore nombreuses : si des revendications spécifiques au lycée ont pu émerger, les autres sont communes à l’ensemble des niveaux d’étude, en particulier au collège, où l’école du tri social est en marche, comme une avant première pour nos collégien.nes de Parcoursup.
Le pouvoir est fébrile. Considérant cette mobilisation de très grande ampleur comme un problème alors qu’elle est la conséquence de son incurie, les autorités ont décidé de basculer les enseignements des foyers de lutte en distanciel. Plus que dans n’importe quel autre département , nos lycées ont été fermés.La manœuvre est grossière et pathétique. Il s’agit très clairement de silencier les revendications de la communauté éducative. Nous ne tomberons pas dans cette arnaque.Nous refusons toute criminalisation du mouvement lycéen comme toute intimidation ou sanction à l’encontre des élèves mobilisé·es.
Nous refusons également toutes les sanctions disciplinaires dans les établissements et appelons les collègues à s’y opposer par tous les moyens.
L’intersyndicale FSU 93, CGT éduc’action 93, Sud éducation 93 et CNT éducation 93, confortée par l’AG 93 qui s’est tenue à Bobigny le 8 octobre, appelle l’ensemble des personnels à se mobiliser, se mettre grève et à rejoindre les piquets de grève devant les établissements. Elle appelle à faire de la journée du 13 octobre puis du 5 novembre des journées de grève massive et de déferlement dans les rues en manifestation.
Si étudier est un droit, se révolter est un devoir. Toutes et tous ensemble en grève et dans la rue le 13 octobre au départ de la Place d’Italie à 14h et le 5 novembre pour gagner le plan d’urgence et réaf rmer notre soutien aux lycéen.nes.
Le 13 octobre, mobilisons-nous pour nos revendications et l’avenir de l’École !
Communiqué intersyndical national CFDT CGT FO FSU UNSA SUD
Depuis plusieurs semaines, les lycéennes et les lycéens se mobilisent contre leurs mauvaises conditions d’études : état du bâti, inégalités, sélection pour l’accès aux études supérieures, manque de personnels et remplacements non assurés, emplois du temps intenables…Au-delà de la question des moyens, les élèves réclament plus d’égalité et la justice sociale, conscient·es que les politiques d’Emmanuel Macron et ses gouvernements successifs ont abîmé les principes de l’École de la République. En dépit de mobilisations puissantes, comme celle du 6 octobre, le gouvernement n’a toujours pas répondu aux attentes des lycéennes et des lycéens. Sébastien Lecornu n’a rien annoncé de concret le 7 octobre.
Les revendications lycéennes sont pourtant légitimes. Elles rejoignent en partie celles que nous avons portées dans de nombreuses mobilisations ces dernières années. Nous continuons donc de les soutenir. Le mouvement social est aujourd’hui en position de force. Tout en étant toujours aux côtés des lycéennes et des lycéens mobilisés, nous appelons désormais aussi les personnels à se mobiliser sur la base de nos revendications : annulation des suppressions d’emplois prévues au budget 2027 et création des postes nécessaires, augmentation des salaires sans contreparties, amélioration des conditions de travail pour l’ensemble des personnels, plan de titularisation des non-titulaires, grille de rémunération nationale pour les AED, création d’un statut pour les AESH, plan de rénovation du bâti scolaire.
Pour obtenir des réponses concrètes, dans la continuité de notre appel du 29 septembre et de notre appui aux mobilisations lycéennes, la FSU, l’UNSA Éducation, la FNEC FP FO, la CFDT Éducation Formation et Recherche Publiques, la CGT Éduc’action et SUD Éducation appellent les personnels à se mobiliser le mardi 13 octobre, en particulier par la grève.
Nos organisations se reverront rapidement pour faire le bilan de cette journée et discuter des suites.
A Paris, le 9/10/2026