Syndicat CGT de l'éducation nationale en Seine-Saint-Denis

La jeunesse du 93 se mobilise : ses revendications sont aussi les nôtres !

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Depuis plusieurs jours, des lycéen·nes se mobilisent dans de nombreux établissements de Seine-Saint-Denis et d’Île-de-France. À Stains, Rosny-sous-bois, Saint-Denis, Epinay-sur-Seine, Aubervilliers, Sevran, Saint-Ouen et ailleurs, ils et elles dénoncent leurs conditions d’étude : classes surchargées, emplois du temps intenables, manque de personnels, locaux dégradés ou insalubres, difficultés d’accès aux soins et à l’accompagnement social, mais aussi discriminations et violences subies au sein de l’institution.

Ces revendications sont légitimes. Elles sont aussi les nôtres.

Depuis des années, les personnels, élèves et parents d’élèves de Seine-Saint-Denis alertent sur l’état du service public d’éducation dans notre département. C’est précisément ce que nous dénonçons et combattons avec le Plan d’urgence pour l’éducation dans le 93 : le manque de personnel, notamment psycho-medico-social, les classes surchargées, la dégradation des conditions d’enseignement et d’étude et les inégalités territoriales persistantes dont la jeunesse de Seine-Saint-Denis paie le prix.

La mobilisation actuelle ne surgit donc pas de nulle part. Elle exprime une colère profondément politique face aux choix qui organisent depuis des années la dégradation du service public d’éducation et refusent à nos élèves les moyens auxquels ils et elles ont droit. Le jeunesse du 93 en paie le prix fort en raison de la rupture d’égalité qui frappe nos services publics et du sous financement de l’éducation qui creuse les écarts. 30% c’est la différence entre la dépense pour un élèves du 93 et la dépense moyenne pour un élève du territoire français.

Face à la colère de la jeunesse : des moyens, pas la répression !

Depuis le début du mouvement, les interventions policières, les interpellations et les menaces de sanctions se multiplient. Dans plusieurs établissements du département, des personnels et des élèves ont dénoncé l’usage de gaz lacrymogènes, de LBD, des charges et des interpellations.

L’intersyndicale éducation FSU 93, CGT éduc’action 93, Sud éduc 93, CNT 93 condamne fermement les violences policières exercées contre les lycéen·nes mobilisé·es, ainsi que les interpellations et toute tentative de criminalisation de leur mouvement. Nous refusons que la réponse de l’État à une jeunesse qui réclame simplement les moyens d’étudier dignement soit l’envoi des forces de l’ordre.Ces interventions sont d’autant plus inacceptables qu’elles cherchent à répondre par la force à des revendications qui concernent directement l’École et ses moyens. À des ses revendications éducatives et sociales l’Etat doivent doit s’engager à répondre des réponses éducatives et sociales des personnels, des moyens, des classes moins chargées et des locaux dignes. Pas des matraques, des gaz lacrymogènes et des gardes à vue.

Les lycéen·nes doivent pouvoir s’exprimer, débattre, se réunir et porter collectivement leurs revendications. L’École ne peut prétendre former des citoyen·nes tout en réprimant celles et ceux qui exercent concrètement leurs libertés et prennent part au débat public.

Nous refusons également que la répression policière se prolonge à l’intérieur des établissements par des intimidations. Aucun·e lycéen·ne ne doit être sanctionné·e pour le seul fait d’avoir participé à cette mobilisation.

Personnels, élèves, parents : mêmes constats, mêmes exigences.
La mobilisation des lycéen·nes fait écho aux luttes menées depuis la rentrée dans de nombreux établissements du département et, plus largement, à la mobilisation historique engagée depuis 2024 pour obtenir un Plan d’urgence pour l’éducation en Seine-Saint-Denis.

Quand les élèves disent qu’ils et elles ne peuvent plus étudier dans ces conditions, quand les personnels disent qu’ils et elles ne peuvent plus exercer correctement leurs métiers, c’est bien la même politique qui est mise en cause et les mêmes moyens que nous exigeons.

L’IS Éduc 93 apporte son soutien aux lycéen·nes mobilisé·es et appelle les personnels à défendre leur droit à se mobiliser, à être aux côtés des élèves qui portent ces revendications et à refuser collectivement toute répression policière du mouvement.

Le 29 septembre, personnels, élèves et parents ont toutes les raisons de porter ensemble l’exigence d’un véritable Plan d’urgence pour l’éducation dans le 93.

Nos élèves ne réclament pas des privilèges. Ils et elles réclament leur droit à étudier dignement.

À la colère légitime de la jeunesse, une seule réponse acceptable : des moyens pour l’École, pas la répression !

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